Guide pratique

Faire face à l'antisémitisme

De l'insulte à l'agression, chaque forme d'antisémitisme appelle une réponse : se protéger, signaler, témoigner, éduquer. Cette page rassemble des conseils concrets, organisés par situation, pour que personne ne reste seul face à la haine — et pour que chaque acte compte, jusqu'au tribunal s'il le faut.

01

Vous êtes victime

Agression, menace, insulte, dégradation : chaque acte antisémite peut et doit donner lieu à une réponse. Voici les réflexes essentiels.

Mettez-vous en sécurité d'abord

En cas de danger immédiat, appelez le 112 (urgence européenne) ou le 17 (police). Ne confrontez jamais seul un agresseur : votre sécurité passe avant tout.

Conservez toutes les preuves

Photos des dégradations, captures d'écran des messages (avec date, heure et identifiant de l'auteur), noms de témoins éventuels, certificat médical en cas de coups. Ces éléments sont déterminants pour l'enquête.

Portez plainte

Dans n'importe quel commissariat ou gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République. La provocation à la haine, l'injure et la diffamation antisémites sont des délits (loi du 29 juillet 1881, code pénal). L'antisémitisme est une circonstance aggravante qui majore les peines.

Faites-vous accompagner

Le SPCJ (0 800 18 26 26) accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches. Les associations comme la Licra ou le MRAP peuvent se porter partie civile. Un avocat n'est pas obligatoire pour porter plainte, mais utile pour la suite.

Prenez soin de vous

Un acte antisémite est un traumatisme. En parler — proches, médecin, psychologue, associations — fait partie de la réponse. Des dispositifs d'aide aux victimes existent (France Victimes, 116 006).

02

Vous êtes témoin

Ne pas détourner le regard change tout : pour la victime, pour l'enquête, et pour la société. La non-assistance à personne en danger est elle-même un délit.

Intervenez sans vous mettre en danger

Apostropher calmement l'agresseur, se placer à côté de la victime, filmer la scène à distance, alerter d'autres passants : plusieurs niveaux d'intervention existent. En cas de violence, appelez le 17 ou le 112 plutôt que d'intervenir physiquement.

Soutenez la victime sur le moment

Une parole simple — « je suis avec vous », « je suis témoin de ce qui s'est passé » — brise l'isolement. Proposez de rester jusqu'à l'arrivée des secours et laissez vos coordonnées pour témoigner.

Signalez systématiquement

Même sans plainte de la victime, tout signalement compte : il alimente les statistiques officielles et peut déclencher une enquête. Pour les contenus en ligne, la plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr) est le canal dédié.

Acceptez de témoigner

Un témoignage écrit et daté, remis à la victime ou aux enquêteurs, peut faire la différence devant un tribunal. La loi protège les témoins de bonne foi.

03

Face à la haine en ligne

Réseaux sociaux, messageries, commentaires : l'antisémitisme en ligne est massif et souvent impuni à tort. Le droit français s'y applique pleinement.

Ne répondez pas aux provocations

Répondre à un compte haineux lui offre de la visibilité. Bloquez, signalez, documentez : c'est plus efficace que le débat avec un troll.

Capturez avant de signaler

Les contenus disparaissent vite. Faites des captures d'écran incluant l'URL, le pseudo, la date et l'heure. Pour des faits graves, un constat d'huissier ou la plateforme e-enquête peut figer la preuve.

Signalez à la plateforme et à Pharos

Toutes les grandes plateformes disposent d'outils de signalement, auxquels la loi française et le règlement européen DSA imposent de répondre. En parallèle, la plateforme Pharos transmet aux services compétents les contenus manifestement illicites.

Sachez que l'anonymat n'est pas absolu

Les autorités peuvent obtenir la levée de l'anonymat d'un compte par réquisition judiciaire. De nombreux auteurs de messages haineux ont été identifiés et condamnés.

04

Soutenir un proche victime

Après un acte antisémite, l'entourage joue un rôle décisif. Quelques principes pour bien faire.

Écoutez sans minimiser

Évitez « ce n'est pas si grave » ou « ça va passer ». Reconnaître la réalité de ce qui a été vécu est la première forme de soutien.

Encouragez le signalement, sans forcer

Porter plainte est un droit, pas une obligation. Proposez d'accompagner la démarche, respectez le rythme de la personne, mais rappelez que chaque acte non signalé reste invisible.

Restez présent dans la durée

L'après — enquête, audience, retour des souvenirs — est souvent plus long que l'événement. Un message, une présence, des semaines après, compte autant que la réaction à chaud.

Prenez soin de vous aussi

Être proche d'une victime expose à la peur et à la colère. Les structures d'aide aux victimes accueillent aussi l'entourage.

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Éduquer et prévenir

L'antisémitisme se nourrit d'ignorance et de préjugés. L'éducation reste l'arme la plus durable, à l'école comme en famille.

Nommer précisément

Distinguer critique d'une politique et haine d'un peuple, rappeler ce qu'est l'antisémitisme (haine des juifs en tant que juifs) et ses métamorphoses historiques : antijudaïsme religieux, racisme biologique, antisionisme radical, complotisme.

Déconstruire les théories du complot

Le complot juif est la matrice de l'antisémitisme moderne. Apprendre à repérer ses ressorts — bouc émissaire, fausses preuves, négation des faits — protège contre toutes les théories conspirationnistes.

S'appuyer sur des ressources fiables

Le Mémorial de la Shoah, le Musée d'art et d'histoire du judaïsme, le site de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRAH) et les rapports annuels de la CNCDH fournissent des outils pédagogiques gratuits.

Réagir aux propos du quotidien

Une « blague », un cliché, un « vous les juifs… » : ne rien dire vaut approbation silencieuse. Une réponse calme et factuelle, même brève, fixe une limite.

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Collectivités, écoles, entreprises

Responsables d'établissement, employeurs, élus : vous avez une obligation légale et morale de prévention et de réaction.

Appliquez une tolérance zéro

Tout acte ou propos antisémite dans un établissement scolaire, une entreprise ou une collectivité doit faire l'objet d'une réaction explicite, tracée et proportionnée. L'absence de réaction est interprétée comme une permission.

Signalez et coopérez avec les autorités

L'école dispose des protocoles de l'Éducation nationale ; les employeurs ont une obligation de sécurité envers leurs salariés (code du travail). En cas d'atteinte aux biens (tags, profanations), prévenez la police avant tout nettoyage pour permettre les constatations.

Formez vos équipes

Des formations à la reconnaissance et au traitement des actes antisémites existent (DILCRAH, associations agréées). Former, c'est réduire le délai et la qualité de la réaction.

Ressources utiles

Numéros, plateformes et institutions à contacter. Retrouvez aussi les liens de signalement en ligne dans le bandeau présent en bas de chaque page du site.

Une question, un témoignage, une suggestion ?

Vous pouvez nous écrire via le formulaire de contact de la page d'accueil, ou consulter le répertoire des affaires pour comprendre comment les faits sont documentés sur ce site.

Accéder au formulaire de contact

Victime ou témoin d'un acte antisémite ? Signalez-le immédiatement.

En cas de danger imminent ou de crime en cours, appelez le 112. Pour toute agression ou menace déjà commise, contactez la police au 17 ou la gendarmerie au 17. Le SPCJ peut également vous accompagner au 0 800 18 26 26.